Haschich-et-poésie

La philosophie avec Raphaël Enthoven

https://blog.franceculture.fr/raphael-enthoven/haschich-et-poesie-2/

Invité : Jacques Darriulat (professeur de philosophie de l’art à la Sorbonne)

L’usage des stupéfiants convertit l’apparence en une hallucination en laquelle le sujet s’absorbe et s’anéantit. En ces moments où la subjectivité, devenue « clair miroir du monde » (Schopenhauer), est pure spectatrice délivrée de toutes souffrances, le temps se dilate et prend les proportions de l’éternité. L’opium, et plus encore cet opium superlatif qu’est la poésie, a en effet ce pouvoir étrange de dilater le temps comme l’espace et de leur conférer une inquiétante présence : « L’opium agrandit ce qui n’a pas de bornes, / Allonge l’illimité, / Approfondit le temps, creuse la volupté, / Et de plaisirs noirs et mornes / Remplit l’âme au delà de sa capacité. » (Le Poison).

playmute 00:00 1 2 3 29:51<> 1. Le spleen, muse du poète. 2. L’absence de sens de la pure présence. 3. L’évolution poétique de Baudelaire.